lundi 22 avril 2013

JAD : Plan G – changement de programme !!!!


Je me répète mais en bateau vous ne savez pas prévoir où vous serez demain et encore moins dans 1 mois.  Initialement, nous devions faire le Maroc, le Brésil & l’Amazonie et ensuite partir sur l’arc Antillais.  Rallye annulé, nous traversons directement sur la Martinique et oublions le Brésil par manque d’expérience et pour cause d’insécurité.   Grosse déception, mais les bateaux amis rencontrés en chemin nous font rapidement oublier ce changement de destination.  Et pour finir, quel bonheur que le rallye n’ait pas eu lieu, au moins nous pouvons choisir notre programme au gré de notre humeur et aussi rester avec les gens que nous apprécions le plus.  Nous voulions un rallye pour pallier à notre manque d’expérience…  Grosse erreur de penser cela car les bateaux amis, c’est plus qu’un partage d’amitié, c’est également une entraide énorme avec pleins d’échanges et de conseils. 

Au sein des nombreuses îles, il y a encore eu beaucoup de modifications ; mais je vous passe les détails.  La ligne directrice étant les Grenadines, puis s’est rajouté Grenade, la Dominique, la Guadeloupe, Antigua, St Barth, St Martin et enfin les BVI.

Ensuite, l’incertitude complète : si JAD est vendu en Martinique, nous ne pourrons pas monter beaucoup plus haut étant donné les conditions difficiles pour redescendre face au vent et à la mer.

Arrivés à St Martin, JAD n’ayant toujours pas trouvé de nouveau propriétaire, on décide de continuer notre « montée » et d’en profiter un maximum.

Cuba fera, fera pas ???  That’s the question !!!!!  Oui, non, oui, peut-être,…

Décision prise, nous ne ferons pas Cuba pour différentes raisons :
-       manque de temps ;
-       nous devions le faire avec Varatraza, mais nous attendions des amis à St Martin pendant que Varatraza voguait déjà vers Cuba ;
-       quelques miles en plus dans le planning ;
-       Cuba est une destination à faire en sacs à dos pendant 2 semaines, nous aurions alors dû laisser JAD dans une marina sans y mettre un pied dessus.
Conclusion, Cuba nous le ferons probablement un jour, mais en avion car il n’y a pas vraiment d’avantage à le faire en bateau.

Nous mettons en œuvre le « plan F » et devenons presqu’aussi fort qu’Océanix pour élaborer nos différents plans.

Ce « plan F », c’est quoi ?  Les BVI, les USVI, Porto Rico, la République Dominicaine, les Bahamas, la Floride.  Et trouver un acquéreur aux USA par l’intermédiaire d’un brocker.

Fin avril, nouveau bébé le « plan G » : nous bouclerons la boucle pour revenir en Martinique mais par un autre chemin !!!!  Et oui, vous allez devoir vous replongez dans vos cours de géo ou dans votre Atlas.  Allez, je vous aide et vous donne une petite carte détaillée :

Carte des Antilles
L'Archipel des Antilles (West Indies) forme un arc de cercle de 3500 km du Golfe du Mexique au large du Venezuela, qui enferme la Mer des Antilles (ou Mer des Caraîbes).
35 millions d'habitants vivent dans ces îles.
Les Grandes Antilles comprennent les quatre îles : Cuba, la Jamaïque, Haïti et la République Dominicaine, et Porto Rico.
Les Petites Antilles sont constituées des îles qui s'étendent en arc de cercle depuis les Iles Vierges à l'Est de Porto Rico jusqu'à Grenade au Sud. Cet alignement continue ensuite vers l'Ouest.
 
   



A partir de la République Dominicaine, nous traverserons en direction de l’Amérique du Sud ; via les îles hollandaises ABC.  A pour Aruba, B pour Bonaire et C pour Curaçao.
Ensuite, les îles du Venezuela dont Los Roques, La Orchilla, La Blanquilla & Los Testigos.
Et enfin, remontée vers Grenade et les Grenadines pour arriver fin juillet, début aout en Martinique.

Pourquoi revenir en Martinique ?  Pour revendre JAD dans de meilleures conditions qu’aux USA :
-       assurances US « hors prix »
-       - zone cyclonique
-       - intervention obligatoire d’un brocker (10% de commissions minimum ça fait mal)
-       - grosses navigations à enchainer les unes après les autres
-       - problèmes de langue pour les documents
-       - problèmes de rupture de LOA (leasing)
-       - problèmes de TVA à solder (hé oui, même ici, j’ai du étudier la TVA !)
-       - pouvoir refaire un dernier SAV (service après vente) Lagoon pour remettre JAD tout en beauté !

Au mois d’août, nous allons donc mettre notre casquette de commercial et allons arpenter les pontons du Marin pour trouver nos nouveaux acquéreurs.

Je n’ose pas vous dire que le « plan G » sera le dernier mais j’ose l’espérer.
Durant une année comme la nôtre, il est indispensable de pouvoir s’adapter en permanence et changer d’option continuellement.  Ceci ne pourra qu’être positif pour notre futur même si les changements provoquent certaines déceptions, elles sont vite oubliées par les nouveaux plans mis en œuvre.

vendredi 19 avril 2013

US VI (United States Virgin Island)


Après avoir déposé nos amis à l’aéroport de Tortola à 6h du mat, nous contournons l’île pour aller, à l’extrême sud ouest, au mouillage de Soper’s Hole afin d’y prendre un ferry pour faire nos visas aux US VI. Hé oui, nous devons préalablement nous rendre sur le territoire américain en ferry ou en avion afin d’avoir nos visas et ensuite nous pouvons nous y rendre avec JAD et encore faire toutes les formalités d’entrée (clearance – douane- immigration).  Depuis notre arrivée aux Antilles, nous ne savons plus compter le nombre d’entrées et de sorties que nous avons fait.  Parfois, elles sont rapides et se font au même endroit ; parfois il faut beaucoup de patience et se rendre à trois endroits différents.  En général, seul le chef de bord doit faire l’ensemble des démarches et nous devons rester à bord avec le pavillon jaune, sans avoir le droit de quitter le bateau.  Par contre, les américains travaillent différemment et exigent que tous les passagers se rendent à l’immigration.  Facile …





Grande nouvelle !! Andaza qui entame sa descente pour l’expertise de leur bateau, sont aux US VI.  Nous les retrouvons et passons trois jours ensemble.  Quel bonheur de se revoir.  Nous avions navigué ensemble pendant 5 mois et avions du nous séparer pour cause de timing durant 1 mois et demi.  Par contre, cette fois-ci nous savons que notre séparation sera définitive.  Le cœur gros, nous nous quittons avec plein de promesses de se revoir à Paris, à Waterloo, sur des bateaux de location pour d’autres aventures et pourquoi pas sur les pistes de ski.  Bon vent à Andanza, on les aime beaucoup et nous avons partagé ensemble beaucoup de beaux moments !!! Avec un énorme calin d’Emilie pour Maëwen 





Les adieux sont de mises également avec Oniva, nos amis suisses.  Ils sont partis pour 4-5 ans et l’année prochaine ils feront le Pacifique.  Bon vent à eux aussi ! 



Nous voilà bien seuls,…, espérons retrouver dans les Bahamas, Varatraza & Tiplouf.  En attendant, nous allons faire Porto Rico et la République Dominicaine.  La suite du programme : les Bahamas et la Floride.  Nous avons abandonné le projet de Cuba pour cause de manque de temps (oui, oui 14 mois c’est fort court et le monde est si beau !), de navigations supplémentaires, et enfin Cuba est une destination à faire à pieds et aucune nécessité d’avoir JAD cantonné seul à la marina durant 15 jours.

A peine avons-nous quitté nos amis que nous recevons un appel téléphonique inattendu : la famille Bonnet sur Dingodîles !!!!!  Ils sont enfin arrivés, suite au retard énorme de leur chantier naval de construction de leur Nautitech flambant neuf (coque n°1).  Pour mémoire, ce sont eux que nous avions rencontré lors d’un essai de catamaran alors que nous n’avions pas encore l’idée de mener cette aventure.  Mais après avoir passée deux heures en compagnie de Virginie, qui avait déjà une transat et une année sabbatique à son acquis, nous n’avions plus qu’une seule idée en tête pourquoi pas nous !!!! Ils nous ont beaucoup aidé dans la préparation de notre voyage et surtout pour l’équipement de JAD.  Après être rentrés en France durant 5 années, ils ne désiraient qu’une seule chose : repartir.

Rendez-vous pris dans deux jours à Culebra (île de Porto Rico).

Voici quelques photos des USVI et une spéciale pour nos amis Chapy et Nathalie : Yes Gilles a attrapé la Langouste... vous êtes partis trop vite !!!!!


La boîte aux lettres sur l'eau pour payer notre nuit sur bouée


mercredi 10 avril 2013

Les British Virgin Islands écrit par nos amis

 

Vous l’attendiez, la voilà. La vraie version du voyage des Gernaey. Moi Charlier junior, arrière petit-fils de la jambe de bois, je vais enfin vous mettre au courant de ce qui se passe réellement au pays des pirates. Fini les mensonges (les langoustes à la pelle), les photos truquées (je n’ai pas encore vu Johnny Depp), les météos tronquées qui ont comme unique but de vous faire encore plus déprimer alors que certains d’entre vous sont toujours obligés d’aller couper du bois en plein mois d’avril pour alimenter leur cheminée. La vie ici est impossible…

Nous sommes arrivés pratiquement sous la pluie. Le tarmac de l’aéroport de Pointe à Pitre était tellement gorgé d’eau que j’ai cru un moment m’être endormi à Zaventem et de m’y être réveillé sans avoir effectué le moindre mille. Notre correspondance pour St-Martin partait 45min plus tard. On a mis 1h30 pour récupérer nos bagages. Je vous fais un dessin où vous avez compris qu’au lieu de dormir sur le yacht de Gernayovich, on était bon pour passer une nuit de plus en France. Eh oui, ici aussi il y a quelques blacks, moins qu’à Paris, mais on s’y croirait.
Le lendemain, accueil super sympa de mon frérot et de sa petite famille. Avec nos 67kg de bagages (en grande partie les cours d’Emilie et du chocolat qui est devenu du nutella) nous espérons nous rendre sur le catamaran en limousine. Que neni, à pieds mon vieux
(je vous l’ai dit ce sont des fous ici…). Nous avons failli mourir trois fois, les tympans explosés. Vous avez tous déjà vu ces super photos exotiques sur lesquelles on voit les longs courriers pratiquement se poser  sur la plage. C’est ici. Yes !!



Ensuite il faut rejoindre JAD (Just A Dream). Moi qui croyais que « dream » voulait dire rêve.
Nath prend sa première (et loin d’être la dernière…) gamelle dans l’annexe. L’annexe c’est la cigarette de 2x500CV qui est censée vous amener de la terre vers le yacht. Ici c’est une coque de noix en plastique avec un moteur Honda de 20cv. Rivière sauvage garantie, le mot sec n’est pas dans le dictionnaire de l’annexe.





Première journée à Grand Case, première descente dans un bar local (rechute de Nath) et orage. Yes. On se grouille (normal on est en vacances) car nous partons vers 18h30 pour une traversée de nuit de 14heures. Nathalie (pas celle qui tombe) décide de préparer à manger. En voilà une idée qu’elle est bonne (voir plus loin). Le skipper nous explique les quarts de nuit que nous allons prendre toute les 3 heures (c’est normal on est en vacances).  Nous partons, touchons rapidement du vent et c’est là que nous prenons connaissance du concept de houle croisée. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un peu comme dans une machine à laver lorsque que le lavage et l’essorage fonctionne en même temps et en sens opposé. Bilan : Alexandre et moi-même avons rendu à Nath et  à la mer son superbe repas (ma Nath, s’est mieux comportée, truffée de médoc pensant que c’était du shit).



Gilles et Nath (ainsi qu’Emilie) ont assuré un max. Pour notre part, nous avons exigé de rentrer immédiatement.  Et voilà, c’est fini. Vous savez maintenant comment cela se passe quand on prend une année sabbatique et que l’on essaye de vous faire croire que c’est le paradis.

Bien, maintenant que je vous ai bien dégouté, je suis certain que n’aurez plus envie de venir. Dès lors, nous ne devrons pas laisser notre place à d’autres aventuriers car les BVI (comprenez les British Virgin Islands) c’est le top.





Assez rapidement nous comprenons que pour bien  en profiter il faut intégrer 2 concepts : s’amariner et se tropicaliser.
Au niveau de ce dernier, mon épouse qui partait avec un sérieux avantage a rapidement rattrapé Gilles et Nath qui sont devenus des maîtres en la matière.

C'est Chappy, au cas où ....

C'est toujours Chappy ....



Et pourtant, nous ne faisons pas que bronzer. Arrivés au mouillage de Gorda Sound, nous partons pour une belle promenade (hors des sentiers battus) sur Virgin Gorda. Vue sur la superbe baie et ses quelques yachts de luxe. On y verra le plus grand cata du monde (celui de Branson) et le plus grand monoque (le Faucon Maltais). Le soir, première soirée au resto du coin, au Saba Rock Café (pas de langoustes mais un bon hamburger frites).

Saba Rock Café


Hémisphère

Le lendemain départ pour les « Baths » superbe côte style les granites roses de  Peyros Guyrec (pour les connaisseurs) eau turquoise en plus. Snorkling et ballade entre les rochers.
































En route ensuite pour un superbe mouillage sur Peter Island.
Belle traversée à la voile et cette fois-ci sans houle croisée et donc que du bonheur.





Attention, on se tropicalise de plus en plus. Le rythme est effréné. On se lève, on prend le soleil, on plonge dans l’eau, on se repose, on prend l’apéro, on mange, on se repose (au soleil ou à l’ombre), on nage, on joue au rikiki ou aux Colons de catane, on prend l’apéro (j’adore le PainKiller, un des cocktails à base de rhum les plus réputés), on mange. Quelques fois on change la séquence. Et oui c’est pas simple la vie dans les BVI.



On passe de mouillages en mouillages, tous plus beaux les uns que les autres. Quelques ballades et beaucoup de snorkling.  Poissons colorés, barracudas, raies et tortues au programme. Nous avons loupé un requin vu par des amis suisses en pleine plongée. Content de ne pas avoir fait sa connaissance…
Ensuite, mouillage au cocotier (pour les moins érudits, cela ne veut pas dire que l’on s’est fracassé dans les arbres). On s’arrime par l’arrière au cocotier avec un bout et à l’ancre à l’avant. Nous sommes presque seuls au monde sur Norman Island. Le lendemain, nous sommes moins seuls au bar de chez Willy T. (Enfants non admis). On s’enfile les Pain Killers sur la musique d’AC/DC. Nous dinons aux Pirates et nous rentrons en annexe bien « faits ».



Hier, nous avons visité les Bight et ses grottes marines. Pas spectaculaires mais beau snorkling.   Nous partons pour l’île de Jost Van Dyke. Dernier porteur du maillot à pois au tour des BVI. Nous nous reposons car le rythme est un peu trop élevé. Le soir, volle jave dans un endroit typique, chez Foxy’s. Poisson grillé, chicken et ribs. Ensuite on s’enfile quelques PK (vous avez compris) et on danse en tongues et maillot sur la musique live d’un groupe local. Un super Rasta tombe amoureux de Nath G. jusqu’au moment où elle lui marche sur la tresse. Bagarre générale, Gilles a son nez cassé, …. Mais non, c’est une blague, on s’est calmé. Par contre c’est vrai pour le rasta.  






  
Aujourd’hui, un avant dernier mouillage à quelques mètres de plages désertes et cocotier. Gilles vient de partir à la pêche à la langouste avec son fusil. Je crains que l’on va manger des pâtes ce soir.

J’espère ne pas vous avoir trop découragé à venir dans le coin. Nous avons croisé le Club Med2. Je n’échangerai ma place pour rien au monde. Merci à Nath et Gilles de nous avoir permis de vivre ces moments uniques et de partager un peu de leur aventure. Un tel voyage est exceptionnel et riches en expériences. Leurs enfants en garderont des traces indélébiles.